Notre Histoire
De la cave à charbon au plus ancien café-théâtre de Toulouse
Le premier logo du Citron Bleu — 18, rue des Paradoux, Toulouse, 1990
Tout commence dans une cave à charbon
Michel Peña a 29 ans. Derrière lui, cinq années de Club Med comme animateur — sur scène chaque soir, à la même époque que Tex, Élie Kakou, La Gaffe. Devant lui, une idée fixe : ouvrir son propre lieu. Sans demander la permission à personne.
L'endroit qu'il choisit, Quartier des Carmes à Toulouse, appartient à un certain monsieur Faucon. C'est une très vieille cave, séparée en deux parties : une section haute plus petite, et sous les voûtes, un espace à charbon cloisonné de bois, où chaque propriétaire du quartier venait chercher sa réserve. Humide, brut, chargé d'histoire.




Michel abat les cloisons, refait l'escalier pourri, tend un rideau noir en fond de scène et un rideau grenat en velours en avant-scène. Les artistes entrent par l'escalier de derrière — pour la surprise.
« La cave était séparée en deux parties… la partie voûtée où était stocké le charbon, avec des séparations en bois pour que chaque propriétaire ait sa réserve. »
— Michel Peña, fondateurPourquoi Citron Bleu ?
Citron pour l'acidité — quelque chose qui pique, qui réveille. Bleu pour une couleur positive, ouverte. Un nom commercial qui se retient d'un coup. Un équilibre entre le mordant et l'optimisme.
La formule du sous-titre dira tout : Dîner · Spectacle · Comique. Un an après l'ouverture, une société nommée Bleu Citron Production viendra s'installer dans les parages — preuve que le nom avait de la force.
Le premier vrai dîner-spectacle de Toulouse
Le format est inédit pour la ville : dîner de 21h à 23h, spectacle après le repas. Toute l'attention est sur la scène. Michel et son partenaire Éric assurent quinze jours par mois — les quinze autres, des artistes programmés, pour la plupart ceux qui faisaient les beaux jours des cabarets parisiens.
La salle prête pour le service — tables dressées aux bougies, rideau grenat, voûtes éclairées
En semaine, la clientèle est à 90 % professionnelle : repas d'entreprises, laboratoires pharmaceutiques, médecins. Public exigeant — il faut être efficace et rythmé. Le week-end : des particuliers, plutôt la quarantaine. Capacité maximale : 80 personnes sous les voûtes.
Un détail qui dit tout sur l'atmosphère du lieu : devant l'escalier, un grand aquarium avec deux oscars — des poissons très joueurs. Paul Preboist, comédien immense, venait chaque soir "discuter" avec eux avant de monter sur scène.
Paul Preboist en grande conversation avec les oscars de l'aquarium
« Paul Preboist adorait venir "discuter" avec eux… »
— Michel PeñaDes noms qui ont traversé les voûtes
Des noms qui disent quelque chose d'une époque. Certains sont passés une fois. D'autres plusieurs fois. L'un devait revenir une troisième fois — la maladie en décida autrement.
Devant l'entrée — Michel, Éric et Paul Preboist. L'affiche en vitrine annonce sa venue "le vendredi 13 mai"


L'aventure continue
Michel vend le Citron Bleu en 1998. Il vit aujourd'hui en Espagne, près de Tarragone. En mai 2026, il retrouve ses archives et envoie photos et souvenirs à l'adresse du lieu qu'il a créé trente-cinq ans plus tôt.
Son regard sur ce que le Citron Bleu est devenu ? Une évolution logique. Le stand-up qui fait l'admiration des médias aujourd'hui, c'est exactement ce qui se faisait là, sous ces voûtes, chaque soir — deux ou trois "têtes de turcs", un public à convaincre. Ce que les bien-pensants appelaient avec mépris "les artistes de cabarets".
« Grâce à vous, je suis fier que des gens continuent l'aventure. Car c'est une aventure, tenir ce lieu. »
— Michel Peña, fondateur du Citron BleuTrente-cinq ans après l'ouverture, les voûtes à charbon sont devenues la scène la plus connue du rire à Toulouse. L'escalier de derrière est toujours là.